RIGHT TO PROTEST

12/03 – 18/03/2018

English

Cette année, la Ville de Bruxelles a lancé le thème de la Contestation. Les lieux culturels sont invités à créer des événements autour de ce sujet pour fêter les 50 ans de mai ‘68. Je ne pense pas qu’ils avaient vu venir les réelles contestations au sein des institutions culturelles ces dernières semaines :

En seulement quelques jours, on a vu la performeuse Deborah de Robertis se faire éjecter de la scène du TEDxBrussels (alors qu’elle était invitée, lire la note du curateur à ce propos) qui se déroulait à Bozar. L’ironie étant qu’elle parlait de sa pratique souvent censurée au sein des institutions et ce au moment du programme sur le “women’s empowerment”… Autre ironie, de Robertis ne s’était pas dénudée, mais l’organisateur, en la tirant, a soulevé son T-shirt … montrant ses seins. Ce fait ne crée aucune polémique, ce qui renforçe le discours de l’artiste qui explique que souvent quand un homme montre le corps du femme, c’est acceptable ; alors que lorsqu’une femme prend la décision de le faire, cela ne l’est pas…

Quelques jours plus tard, c’est le KVS qui connaît une petite polémique : Ogutu Muraya annule sa participation et est extrêmement critique quant à la pièce sur Léopold II qui est jouée en ce moment. Le KVS semblait pourtant présenter un programme afin de discuter de l’Histoire coloniale de la Belgique, et “Fractured Memory”, proposé par Muraya aurait été vraiment important à voir… Je ne peux pas reprocher à l’artiste sa décision, même si je la regrette bien sûr. De plus, il me semble que le KVS est une institution très à l’écoute de ce genre de problématique et qu’elle le prouve non seulement via sa programmation actuelle, mais également par le passé.

J’ajoute l’info de la petite polémique politico-budgétaire autour du projet Kanal (le futur Musée d’art contemporain et les questions de Michel Draguet qui semblent pertinentes). Et j’en passe… il y en a trop.

Il y a des contestations chaque jour sur les réseaux et dans nos journaux. C’est d’ailleurs avec beaucoup de fascination que j’observe l’énorme mouvement qui a lieu sous nos yeux depuis le début de cette décennie. Il faut dire que les printemps arabes et le mouvement des indignés ont lancé avec beaucoup de panache les festivités…
Aujourd’hui, le choix d’une union sportive, le tweet d’un quidam datant d’il y a plusieurs années et qui sert à le juger aujourd’hui dans son nouveau poste, la publication d’un livre pour enfants, une vidéo postée sur les réseaux par l’ami du cousin de la belle-soeur du vendeur de mouches d’un élu local… Tout est scruté, analysé, critiqué, jugé, changement revendiqué. Et quand le changement est réalisé, il faut tout recommencer, car on a blessé de nouvelles sensibilités…

Oui, tout cela est compliqué, mais personne n’a jamais promis qu’un changement profond de société serait chose facile…

On parle souvent de clivages, c’est en partie vrai, mais il est quand même difficile de choisir un camp : le nombre de sujets sur lesquels avoir une opinion fait qu’il est impossible de faire partie d’un camp soudé dont tous les membres seraient en accord complet à tous les sujets et toutes les nuances de chaque sujet.

Je n’ai pas de vision manichéenne du monde, mais si je devais absolument en avoir une, ce serait celle qui verrait d’un côté une élite au-dessus de tout et de l’autre le reste du monde. Les premiers nous lancent de temps un temps un os à ronger et dans notre précipitation nous mordons le bras de celui qui l’attrape avant nous….

J’ai donc, comme chaque semaine des propositions pour changer le monde (ben quoi, si les participantes aux concours de beauté peuvent le dire, pourquoi pas une écriveuse d’agenda ?). D’abord, on peut tous devenir végétariens (ou mieux végétaliens), histoire de ne plus courir comme des crève-la-faim après un nonosse (bref se libérer de la société de consommation doucement mais sûrement). Ensuite, et dans l’immédiat, d’aller à la découverte des autres par le biais de la culture pour faire connaissance, apprendre à se comprendre et construire ensemble la société de demain…

ARTS – EXPOS

Pour l’année de la Contestation, la Bellone lance “Pancarte”, à partir du 15 mars : résultat d’une performance interactive durant laquelle l’artiste Gaëtan Bulourde a déambulé dans plusieurs villes avec des pancartes… sans message. Très vite, les personnes croisées sur son chemin interpellent l’artiste et lui proposent un texte à y ajouter. La vie n’aime pas le vide..

A la fondation ThalieLab sera projeté “A la santé des alliés” de la réalisatrice Mounira Al Solh qui revient sur les grands mouvements politiques au Liban depuis les années ‘50 et ‘60 et son arrivée au Pays-Bas plus récemment (entrée est à 12€ quand même.. plus cher qu’une place de cinéma…).

Le lendemain, dans la librairie/café associative POK (rue Blaes) c’est une soirée poésie afin de découvrir la revue “On peut se permettre” et en particulier le dernier numéro dédié à toutes les femmes qui luttent pour la liberté et en particulier à la mémoire de la poétesse, militante et insoumise Fadwa Souleimane. La soirée sera consacrée à de lectures et des improvisations musicales par Léïla Duquaine, Tarek Essaker, Milady Renoir, Saïd Elouizi, Alice Perret, Tom Nisse et Célestin de Meeûs.

MUSIQUE

Dès ce lundi soir, comme chaque semaine, on peut aller au Chaff. Ce soir, c’est la Djette Zoulou Choco qui est invitée à nous présenter sa sélection. C’est un bar, donc à part tes consommations, l’entrée est gratuite.

Mercredi midi, on mange ses tartines au Point Culture de l’ULB pour partir en “Voyage dans les coeurs de Berlin en 14 pistes” : entre techno minimale, dub éthérée d’Anika et Rythm & Sound. L’entrée est libre.

Samedi soir, on va danser pour les 3 ans de la soirée Heartbroken 3Y Bday w/ Asmara* Manara* Kablam* Clara! au Beursschouwburg. Des nanas dans l’orga et que des nanas derrière les platines ! C’est une soirée qui ne s’excuse pas d’être émotionnelle et qui t’invite à te faire briser le coeur pour toujours… Comment refuser une telle invitation ? 10 balles à l’entrée.

Le 17 et 18 mars, il y a un truc qui m’attire trop bien de la mort qui tue : c’est le mini Batcave fest (et le dimanche c’est en mode acoustique, kids welcome!). Il y a aussi une expo Des trucs qui fument. C’est à Schaerbeek et c’est organisé par  D Aaaah why? Dans L’cul Danku et j’avoue à ma grande honte n’avoi par encore eu l’occasion d’aller à un de leurs événements alors que ce n’est pas la première fois que j’en parle… pourtant j’aime à chaque fois l’esprit super cool que l’on devine simplement à lire le programme et les infos…

Dimanche, les colocataires du Rumsteek ouvrent à nouveau les portes de leur grand appartement à Anderlecht pour une soirée Santé Loisirs présente: Zach Phillips / Loto Retina / frere tuck. L’entrée est à 5€.

CITOYENS – COLLECTIVITÉS

Dimanche, je ne sais pas où donner de la tête : à côté de chez moi, il y a la journée Effet de Serre, organisée à la Serre (un des lieux d’occupation de la Communa). C’est – je cite – “une journée à faire monter la température humaine et les sentiments positifs”. Tout le monde est invité à jouer, manger et cuisiner ensemble.

A Haren, c’est la ZAD (Zone à défendre) du Kelbeek qui lance un appel “des patates et du béton”. Cela commence à 13 h par une auberge espagnole pour se remplir l’estomac, puis plantation de patates et balade dans la zone. C’est un super moyen pour se tenir au courant du dossier (superbement documenté en ligne) et faire connaissance avec les personnes actives, voire pour les rejoindre afin de sauver la zone.

Quoique tu fasses, fais le bien et que ton esprit de contestation soit aiguisé avant de sortir…

Yelyam

English

The year of 2018 was declared the Year of Protest by the City of Brussels, which is an invitation to cultural institutions to offer a program showing the history (it’s the 50th anniversary of May ’68) and also what protestation looks like today…

So I found very comical the few protests and incidents that took place lately in cultural venues (artist Deborah de Robertis ejected from TEDx stage at Bozar; the controversy at KVS surrounding the play about Leopold II and colonialism and the decision by artist Ogutu Muraya to cancel his show, the discussion around the Kanal project – future Contemporary Art Museum).

Lucky you, I’m not translating the whole french article. I was – in short – saying that I find fascinating the fact that everyone has something to say about anything. It’s a bit stressful because a lot of people are lost and don’t know what to talk about and how to talk about it. But I see that our society is changing and it’s a great time to be living in, even if it’s complicated.

Culture offers a good way to change the world: by opening our minds about many subjects and by bringing us together… When I write my agenda, I have no other ambition but to help to build a better World…

So where are we gonna meet, what are we gonna do?

For the Year of Protest, I invite you to check La Bellone’s program and the exhibition as from 15th March called “Pancarte” : an artist was going around streets with a blank sign and people were reacting and offering messages he should be adding.

ThalieLab is a new venue in Ixelles, I haven’t been yet (because it seems to be quiet elitist) but they are hosting the projection of a movie by artist Mounir Al Solh called “A la santé des alliés” followed by a conversation with her. The fee is 12€ though… but the subject seems really interesting.

The next day, at associative cafe/bookshop there’s an evening dedicated to poetry with a focus on the life and work of the late poetess Fadwa Souleimane. An evening with music and readings. Sounds really great.

If you want your fix of music you can start Monday night at the Chaff with Zoulou Choco who’s going to play a set of her choice. Wednesday, you can listen to a playlist showing us the diversity of Berlin music scene. It’s during lunchtime at Point Culture ULB. And Saturday night is the thirds anniversary of the Heartbroken parties at Beurs: an all-female organization and same for the dj of the night! (10€ fee)

On 17th & 18th March, there’s the mini Batcave festival organised in Schaerbeek by D Aaaah why? Dans L’cul Danku. I must confess I still haven’t attend any of their events despite the fact that I have promote already several times what they are doing: I like the program and the spirit you can feel from their line-up and information…

If you want to get to know some locals you can start by going at a living room concerts: it’s at Rumsteek and the evening is called “Santé Loisirs présente: Zach Phillips / Loto Retina / frere tuck” (5€). Check the event to get the description of each artist and samples of their music.

You can also get more involved: in Ixelles, join us at La Serre: an association that is trying to create a link and invite everyone interested to join in order to cook and eat together and also play or talk to each other. From there you can find allies to change the World your own way.

If you are a bit more activist, you should go to Haren at the Kelbeek ZAD (Zone à défendre) in order to fight against the project to build a mega prison facility despite the fact that the area is a green zone and that the people working in legal and justice (judges, lawyers,..) are also against it. During the day you’ll eat together, plant potatoes and do a tour of the area…

So go around the city, enjoy as you want and don’t hesitate to protest if you see something sketchy.

Yelyam

Cover Picture: “Nous allons abandonner le Congo dans la honte et avec beaucoup de morts – Roi Baudouin, Stanleyville, 17 décembre 1959” – craie sur statue du Roi Leopold II, Bruxelles – 17 décembre 2017

 

 

 

 

 

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