GUIDE : OÙ SORTIR À BRUXELLES

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MISE A JOUR : 27/10/2016

Où sortir dans cette ville : c’est la question que se posent les Oiseaux de nuit fraichement arrivés dans la nuit : soit parce qu’ils viennent d’atteindre l’âge à peu près légal de sortie, soit parce qu’ils viennent de débarquer en ville (temporairement ou plus si affinités), soit parce que leur poussin est un peu plus grand et peut parfaitement passer quelques heures avec un baby-sitter ou même seul.

Ce guide tente de brosser un paysage des sorties bruxelloises (retiens quand même que le mot-clé de cette phrase est tente…). Cela se veut une addition plus permanenente à l’agenda hebdomadaire qui propose quelques autres idées.

BOÎTES DE NUIT

J’ai pensé qu’il était inutile de débuter par la liste des boîtes de la Ville. L’âge d’or des clubs est bel et bien passé, la plupart des clubs à Bruxelles sont très “mainstream”, à l’exception du Fuse. Puisque ce n’est pas le top de la liste, c’est donc très paradoxalement que je commence par là…

Je pense que le plus simple pour donner un aperçu est de diviser les clubs en plusieurs catégories :

Clubs VIP

Ils sont réputés pour leur superbe décoration : “luxueux”, “glamour”, “fabuleux” sont des adjectifs qui servent souvent dans les descriptions de ces endroits. Il semblerait qu’ils investissent généralement plus dans le décor que dans le salaire du DJ (sauf quand ils invitent une star).

Le public qui fréquente les clubs est considéré comme BCBG et il y a toujours une zone VIP où l’on peut réserver une table à condition de consommer quelques bouteilles d’alcool.

La musique est relativement mainstream, un peu ce qui passe sur les radios de la bande FM. On peut trouver de l’électro (mais plutôt David Guetta ou Laurent Garnier que ce que l’on écoute au Watergate ou au Berghain), il y a des soirées R’n’B ou encore Hip Hop (qui passeront au mieux le dernier 50cents que le dernier mix de Gilles Peterson).

Quels sont les clubs de cette catégorie ? Le Mirano Continental ou encore le Spirito.

Ils sont tous superbes : le Spirito est une ancienne église et le Mirano un ancien cinéma !

J’ajoute à la liste le Bloody Louis, même si la volonté de la programmation artistique est d’en faire un club plus alternatif (mais pas dans le sens que l’entendent les lecteurs habituels de “I’m Not On The Guest List”),  il semble qu’il soit malgré tout mainstream au niveau de l’ambiance. Le club attire une clientèle plutôt jeune (voire très jeune) qui semble ravie d’attendre longuement dans la file qui déborde sur le trottoir de la très chic avenue Louise.

On peut aussi citer le Sett Club idéalement situé dans le superbe site de Tour et Taxis ou encore le Martini Bar.

Un autre club, très connu depuis des années est nommé les Jeux d’Hiver, au milieu du Bois de la Cambre. Fréquenté principalement par la jeunesse dorée bruxelloise (et plus particulièrement uccloise).

Clubs “communautaires”

Fallait bien que je trouve un terme pour définir ces clubs. Disons que quand on pense à ces endroits, on a directement une image du type de personnes qui va le fréquenter, même si ce n’est pas exclusivement ces personnes-là qui s’y rendent.

Par exemple, le You Night Club est connu pour attirer les plus jeunes générations. Pour les générations des 30 ans et bien au-delà, Le Cactus devrait faire l’affaire, un peu une version ”électro” du Nostalgia Club et sa musique disco.

Dans cette catégorie, je mets également le très latino Havana Club qui devrait faire bouger les plus timides !

Ceux de la communauté gay devraient trouver leur bonheur certains soirs de la semaine qui leur sont réservé dans tel ou tel club, en général le dimanche soir. C’est par exemple le cas des fêtes gays (et gay friendly) Tea Dance au You, ou encore the Pulse au Canoa Quebrada.

Le Bloody Louis ouvre également ses portes certains dimanches. Sans oublier le très réputé La Demence (un dimanche par mois au Fuse).

À noter que l’essentiel de la vie nocturne gay se déroule dans des bars ou organisations tels que Chez Maman, le Boys Boudoir, et d’autres cafés du quartier Saint-Jacques.

Tous ces clubs attirent donc des gens qui sont là pour s’amuser, mais sans chercher spécifiquement à frimer en mode ”VIP”. Ce n’est pas non plus un goût musical particulièrement pointu qui sera la motivation des sorties dans ces clubs-là…

DJ’s temples

Si tu cherches un style musical particulier, servi par un DJ réputé, il faudra sans doute te rendre dans d’autres clubs de la Ville, réputés plus alternatifs.

Le plus ancien et le plus connu et sans doute le seule et unique à Bruxelles est sans aucun doute le Fuse qui attire depuis plus de vingt ans de très bons DJ’s de la scène électro tant locaux qu’internationaux.

Nouveaux Clubs

Enfin, parlons de ces lieux hybrides:

Il y a d’abord Madame Moustache. Le club organise chaque semaine plusieurs rendez-vous, parfois précédées d’un concert.

Sur leur site, on retrouve tous les thèmes et leur récurrence. C’est ainsi qu’une personne qui fréquente assidument Madame Moustache le mardi soir ne s’y rendra peut-être jamais un vendredi… Pour comprendre, il suffit de se souvenir des années où les discothèques réservaient leur dimanche au public gay (& gay friendly). Les ambiances des samedis et des dimanches drainaient donc des publics fort différents.

A proximité de Madame Moustache, dans la rue de la Vierge Noire il y a Stereo (l’endroit était précédemment le Club la Vilaine, et encore avant ça Mr. Wong). Vu qu’ils viennent d’ouvrir, difficile de te dire quelle est l’ambiance, mais la programmation semble de qualité, jusqu’à présent, donc ça vaut certainement la peine d’aller jusque là voir de quoi il retourne.

Sans doute la nouvelle la plux excitante de l’année 2016, c’est l’ouverture d’un nouveau club à quelques pas de la Grand Place qui porte le nom de Zodiak. Ils viennent d’ouvrir et semblent ne proposer que les samedis soirs, mais jusqu’à présent tant au niveau de la programmation que des échos, ils semblent être très bons. On m’a rapporté que les prix étaient corrects, que le public était sympa et que la politique à l’entrée était amicale, favorisant ainsi une excellente atmosphère de découvertes et de fête.

Le Wood faisait partie de cette catégorie, mais il a du fermer ses portes récemment. Ceci dit, il organise encore des soirées une fois par semaine au Barrio, un bar dans le quartier des Marolles.

Le Bazaar : le club dispose de deux salles, donc il peut y avoir deux soirées à l’ambiance très différente en fonction de l’étage. Certaines d’entre elles sont organisées par le Bazaar, d’autres le sont par d’autres organisateurs indépendants.

De manière générale, même si le club loue son espace à un orga, il tentera de respecter un certain niveau de qualité. Le public peut ne pas apprécier telle ou telle musique, mais cela restera ce qui se fait de mieux pour les amateurs du genre.

À noter que la Bodega (parmi d’autres) dont le nom apparaît souvent sur les flyers des soirées est un lieu de location de salles et n’est donc pas un club! Cela veut dire que l’on s’y rend parce que l’on sait exactement qu’il s’y déroule tel ou tel événement particulier.

Là, pas de direction artistique : toute personne qui réserve et paye la salle peut y organiser sa nuit. La Bodega a donc déjà été le cadre d’excellentes soirées, mais aussi celui d’autres qui ne passent pas dans mon radar : privées ou concernant un groupe de personnes en particulier, souvent plutôt communautaire.

BARS

La base des sorties, ce sont les cafés. C’est de toute façon là que commence la nuit, histoire de réunir les troupes. Les tenanciers l’ont bien compris et certains prévoient même un DJ ou un groupe de musiciens, histoire d’assurer l’ambiance musicale.

Certains cafés sont d’ailleurs “hybrides” et se transforment en véritable “club” en fonction de l’heure.

Je pense, à titre d’exemple, au Bonnefooie, dans le centre-ville.

Ce sont des lieux avec une programmation musicale régulière et où il est possible de découvrir quasi tous les soirs — si pas de la semaine, en tout cas du (long) week-end — une ambiance particulière.

Je m’en voudrais de ne pas citer le Dali’s Bar qui offre — depuis de nombreuses années — une excellente sélection à tendance électro. Quand je fais visiter la Grand-Place et ses rues avoisinantes, j’insiste souvent sur le fait que le quartier est très touristique, que la plupart des adresses y sont à éviter à part quelques exceptions dont le Dali’s fait partie ! En gros à la petite rue des Bouchers : rien à manger, mais un chouette bar pour y boire en écoutant du bon son !

Un autre bistrot, près de la Grand-Place, qui vaut le détour, est sans aucun doute l’Épicerie Moderne.  C’est une de mes adresses favorites ces derniers temps : elle propose de la musique électro très pointue.

Si tu veux passer ta nuit à danser sur les tables, il faut te rendre au centre et tester Le Celtica !

Ne te fais pas piéger par le Club Clandestin, situé dans une petite rue du Sablon. Malgré le nom et sa situation géorgraphique, cela n’a rien d’un club inconnu et introuvable pour les non initiés ! De manière générale, ce club attire un peu de tout au niveau clientèle (avec sans doute une prédominance pour les bobos de 30+) : cela dépend de la soirée organisée ou si c’est soir de concert.

À côté de ces bars hybrides, il existe des endroits qui mettent de temps en temps quelque chose sur pied, et donc cela vaut la peine de vérifier leur programme.

Bien qu’il y ait beaucoup de caberdouches partout dans la ville, la plupart des zones festives se situent dans trois communes :

Centre : dans le quartier Saint-Géry, en sus du Bonnefooie qui n’est pas très loin de là, mon bar préféré est sans doute le Café Central (note que les sons peuvent parfois être surprenants vu qu’ils n’hésitent pas à explorer des genres musicaux variés et pas forcément ceux qui ameutent les foules). A visiter également : La Machine, qui accueille de nombreux concerts, y compris un jam groovy et jazzy, remplaçant ainsi quelque peu le Bravo bar, qui a fermé ses portes récemment).

C’est dans ce quartier que l’on trouve aussi le Lord Byron (dont je parle ci-dessous) et le légendaire Archiduc connu pour ses concerts de jazz depuis 1937, avec certaines périodes de son existence plus folles que d’autres, mais je pense que chaque génération de sorteurs peut y trouver son plaisir (et l’ancienne génération qui fréquentait l’endroit détester les changements !)

A proximité du canal, le Café Walvis, propose aussi certains soirs des événements musicaux.

Ixelles : La commune est composée de plusieurs quartiers où il est possible de sortir. Entre autres le quartier du Châtelain (les mercredis), Plux (surtout les jeudis), Flagey (généralement un bon choix pour un vendredi, voire un jeudi ou d’autres soirs de la semaine s’il fait beau). Si tu veux en savoir d’avantage, je t’invite à lire mon “Infamous Guide To Flagey Bars”. Et je m’en voudrais d’oublier de parler du quartier du Cimetière d’Ixelles, LE quartier des étudiants et donc bonne ambiance en semaine avec un choix de nombreux bars comme le Tavernier, le Waff, L’Atelier, le Guauguin et bien d’autres…

Saint Gilles : et son cœur sur le Parvis de Saint-Gilles… On y va plus pour boire un verre que pour faire la fête, mais il arrive qu’il y ait un Dj set au Café de la Maison du Peuple. A noter aussi des soirées parfois festives, avec DJ au Café de la Pompe qui se trouve un peu plus haut (plus proche de l’Hôtel de Ville).

Beaucoup de soirées dans des bistrots se terminent bien avant celles en club, pourtant certains sont connus pour être des “after”, des coins où terminer la nuit après la tournée des grands-ducs, voire après une soirée.

Note que quand l’heure est plus avancée, la population est en général plus droguée et alcoolisée qu’ailleurs… Certains endroits sont glauques, disons-le carrément..

Parmi eux, je suis surprise de découvrir que — année après année — la Touche d’Ivoire semble rester un classique du genre (mais je ne m’y suis pas rendue moi-même depuis fort longtemps).

L’un des bars les plus notoires dans cette ville, est certainement le Bar Rouge: un tout petit bar dans une ruelle pas loin de la Porte de Namur. Ce n’est pas officiellement un bar “d’after”, mais je n’ai encore jamais rencontré ou entendu parlé de quelqu’un ayant eu l’idée de s’y rendre avant deux heures du matin…  A l’intérieur : c’est rouge, petit et bien rempli. Année après année, le Bar Rouge semble ne pas désemplir et garder une bonne place dans les carnets d’adresses des plus aguerris des sorteurs. En toute honnêteté, cela fait des années que je n’y ai plus mis les pieds moi-même, mais je continue à entendre parler au détour de certaines conversations…. à ma plus grande surprise !

A proximité de Flagey, la Diligence a déjà été couramment le cadre de fin de nuit fort arrosée, éventuellement pendant qu’un groupe joue de la musique à des heures non indues ! A quelques pas de là, le café poruguais O’Regua a changé récemment sa décoration et ressemble à un club des années 80’s: musique, lumière colorées… C’est un peu bizarre, mais j’y ai vu des tas de gens y danser comme s’ils avaient quinze ans et assistaient à leur première boum !

Dans le centre, c’est le Lord Byron qui accueille les assoiffés insomniaques quand tous ses voisins ferment leur porte… Et il semble que cela ne soit là qu’une des ses nombreuses autres qualités.

Dernièrement, j’ai vu que des “after parties” étaient organisés dans un bar dans le centre ville. Plus important que le nom dudit bar est sans aucun doute l’organisateur des ces soirées : Non Peut-être qu’il vaut mieux suivre directement afin d’être tenu au courant des prochains événements.

Les lieux n’offrent pas de l’ambiance à tous les coups et ils changent avec le temps, il faut rester attentif à la tendance !

Mais, à mon (humble) avis, le vrai cœur des soirées bruxelloises se déniche dans les “party concepts” organisés par des indépendants.

CONCEPTS PARTIES

Un groupe de personnes décident de se lancer ensemble dans l’organisation d’une soirée thématique. Ils ont une idée à peu près précise en tête : généralement l’envie de passer un certain type musical qu’ils apprécient et dont ils regrettent l’absence dans le paysage noctambule bruxellois. Parfois, l’objectif est d’offrir une expérience alliant la (bonne) musique à l’art….

La soirée, une fois définie, sera tiendra sur base régulière : une fois par semaine (possible uniquement si l’organisateur s’associe avec un club), une fois par mois, par trimestre ou par an.

Le lieu dépendra de l’idée, des finances et des relations de l’organisateur : soit toujours au même endroit, soit le concept inclura le fait de déménager à chaque fois, à moins que le déménagement ne soit forcé par les circonstances.

Si tu t’intéresses aux “concepts de soirées” et que tu en veux une liste (jamais exhaustive, c’est impossible), je t’invite à consulter la page où je reprends de nombreuses d’entre elles sur le site de l’office du tourisme. J’envoie mes mises à jour assez régulièrement, sur base des noms qui apparaissent ou qui disparaissent.

Parmi les plus connues et réputées, citons Libertine Supersport, Leftorium, Anti Tapas, Strictly Niceness, Los Ninos, Zukunft, Catclub, Opus… si ton style de clubs est l’un des “Temples pour DJ”.

Il y a bien sûr beaucoup d’autres styles de soirées et pour tous les goûts : si tu aimes les clubs “VIP”, alors essaye les soirées Just A Night ou Les Folies Bourgeoises et si tu aimes sortir dans la communauté LGBT tu devrais sans doute adorer les soirées Dansez-vous Français !

Je peux dire, sans me tromper, qu’il est possible de dénicher une soirée tous les soirs du mercredi au dimanche, cela dépendra de tes goûts musicaux bien sûr.

La plupart des organisateurs utilisent Facebook pour leur promotion, je liste tous les concepts que j’ai déceler sur une Liste d’intérêt à laquelle il t’est loisible de t’inscrire.

D’AUTRES IDÉES

La veille d’un jour de fête, il y aura certainement plusieurs soirées thématiques… Et si en plus l’organisateur trouve un emplacement inédit, un squat par exemple, c’est encore plus sympa.

Parmi les organisateurs de soirées, citons aussi des associations sans but lucratif : en général, l’offre consiste en un dîner, un concert, une animation et cela peut se terminer par un DJ set… La différence par rapport aux organisateurs de soirée, c’est que l’accent est ici plutôt mis sur la rencontre entre les gens. L’offre musicale y est donc secondaire.

Comme tu le constates sans doute, les sorties se passent principalement dans l’axe Centre-Ixelles-Saint-Gilles,  surtout pour les bars (et les clubs du centre-ville). Les organisateurs indépendants trouvent quant à eux plus facilement de bonnes salles du côté de Saint-Josse, Anderlecht ou Molenbeek.

Il faut bien admettre qu’il est rare est de trouver une soirée à Evere, Jette ou Ganshoren, mais cela s’est déjà vu. Même à Uccle, où se situe le Pavillon Louis XV dans le Parc du Wolvendael (mais bon, les flics débarquent très vite donc tu pourras y jouer les rebelles jusqu’aux environ d’une heure du matin). Mais tu serais surpris de découvrir que parfois ils se lâchent bien à Uccle : jusqu’à recemment, il y a là-bas un squat qui s’appelle Leskiv et qui a fait quelques fêtes et jusqu’à récemment un autre, la Communa qui vient de déménager vers Schaerbeek. Bien qu’ils ne fassent pas de grosses fiesta, il peut y avoir de temps en temps des moments festifs.

Si tu cheches où sortir au coeur de l’été, je te conseille les fêtes en plein air (qui ne se prolonge pas jusqu’au coeur de la nuit cependant) et pour cela il vaut mieux lire l’article dédié aux festivités estivales.

Enfin, des soirées sont organisées ponctuellement dans le cadre d’un événement : festival, exposition, sortie d’un nouvel album par un label indépendant.

Mais je dis ça pour te compliquer un peu les choses et t’obliger à revenir lire l’agenda de la semaine quand tu prévois une sortie…

Yelyam

Photo de couverture : Stencil graffiti “I’m Dirty Let’s Party” – Berlin, Juillet 2013

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